À Vandoeuvre ou à Nancy, en laissant nos regards se balader parmi les bâtiments qui nous entourent, nous serons immergés dans le monde de l’art mural de Françoise Malaprade. Cependant, à partir de 1989, à l’âge de 55 ans, elle a laissé de côté cette spécialité pour se concentrer uniquement sur la peinture, suivant la devise : « Lux mea Lex » (La lumière est ma loi).

Étude de jaune et bleu, 1967
Peinture sur toile marouflée sur bois
Collection privé

Dans le cadre de ses premières explorations picturales visant à analyser la transparence et à observer la circulation de la lumière entre diverses formes et matériaux, elle a réalisé des peintures sur de la toile marouflée sur bois. (image à droite)

Jaune cadmium clair, 1991
Premier essai – Acrylique sur gaze de coton hydrophile tissée

Par la suite, après avoir élargi ses compétences en peinture acrylique, elle a réalisé « les Matières », des créations monochromes qui affichent une épaisseur considérable de matière picturale, obtenue par la superposition de couches fines, avec une gaze comme support. (image à gauche)

À partir de 1991, elle a commencé à utiliser le film de polyester comme support pour ses créations. Ce matériau est mince, léger et transparent, ce qui permet de peindre des deux côtés. Ses œuvres se manifestent donc par des structures plastifiées verticales, avec une géométrie soigneusement appliquée à la main, et une transparence fascinante grâce aux superpositions, à la diffusion et à la réfraction (2).

Lumière, dyptique, 2003
Acrylique – film de polyester brillant
L’un est l’autre, 2009
Acrylique – film de polyester brillant

 Étant aussi écrivaine, sa méthode de travail commençait par noter ses idées et projets dans des carnets, sous forme de mots ou de phrases parfois poétiques, tout en ajoutant des couleurs et des structures. Comme on peut le voir dans le carnet ci-dessous, tout était enregistré avant de commencer à peindre : ses inspirations et motivations (pages avant-propos, 3, 4, 5, 9 et 10), ainsi que les détails techniques pour réaliser les œuvres (pages 6 et 7). On remarque que rien n’était laissé au hasard !

Carnet « Dans l’attente du nouveau millénaire » (1996)

Acrylique et encre de Chine sur incunable 100g

(Feuilletez-le en utilisant les flèches)

Grâce à son style « abstrait géométrique », elle a été invitée à rejoindre la prestigieuse galerie parisienne de Denise René, spécialisée dans l’art abstrait. Cette galeriste a organisé sa première exposition monographique en 1997 et la dernière en 2009. Elle a également mis en avant le travail de Françoise Malaprade lors de plusieurs foires à Bâle et à Paris. D’autres expositions de son œuvre ont eu lieu en France et à l’étranger. Par exemple, à Nancy, elle a exposé à la galerie « My Monkey » ainsi qu’au Musée des Beaux-Arts, qui possède également certaines de ses œuvres dans sa collection permanente. À Vandœuvre, elle a présenté l’exposition « Couleurs de Couleurs » en 2019 et, plus récemment, une exposition rétrospective intitulée « Malaprade : le mur, la peinture » a eu lieu à Saint-Dié des Vosges.

Canto bleu, 2009
Acrylique – film de polyester brillant

Portrait du NOM (Malaprade), 2017
Acrylique – film polyester mate
Coll. Musée des Beaux Arts de Nancy
Couleurs de couleurs, 2019
Peinture acrylique sur polyester

Selon Susana Gallego Cuesta, co-auteur du livre « Malaprade : le mur, la peinture » (1), l’œuvre picturale de Françoise Malaprade n’a pas encore reçu le succès qu’elle mérite, possiblement en raison de son passé dans l’art mural (qualifié de « décoratif »), du matériau utilisé comme support (le plastique n’est pas perçu comme un matériau noble) ou encore du manque de soutien accordé aux femmes artistes peintres. Cependant, Françoise Malaprade a affirmé : « En 2010 avec l’œuvre Song with White, dans laquelle, après Clairs de noirs, j’ai enfin osé m’attaquer au blanc. Là, dans cette œuvre, je me suis dit « C’est bon, j’y suis, j’ai trouvé ». Ainsi, on pourrait dire qu’elle est partie retrouver la lumière avec la satisfaction du travail accompli… car Françoise Malaprade est décédée le 28 septembre 2024 à Saint-Nicolas-de-Port.

 

Voir aussi : 

Album de l’exposition « Malaprade : le mur, la peinture » sur ce site

Vidéo de l’exposition « Couleurs de Couleurs » (Vandoeuvre, 2019)

L’exposition « Couleurs de Couleurs » sur malaprade.fr

L’archive de l’exposition de Françoise Malaprade dans le cadre des 6 week-ends d’art contemporain à la galerie My monkey de Nancy (2021)

 

Sources (texte et images) :

(1) Livre « Malaprade, le mur, la peinture » de Françoise Malaprade, Caroline Bauer, Susana Gállego-Cuesta (Ott imprimeurs, 2022 – 174 pages)

(2) Galerie My monkey

(3) Site malaprade.fr

 

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