
Photo : Bertille von Hatten
Le 2 juin 2026, Madame Dominique Pouille, présidente de l’AAAHV, a donné une conférence sur la vie et l’œuvre de François Pompon, le célèbre sculpteur animalier.
Avant de commencer à décrire le parcours de François Pompon, Mme Pouille a expliqué ce qui définit une sculpture : les différents types de reliefs, les diverses techniques, ainsi que les matériaux utilisés selon les techniques :
Sa description de la vie de François Pompon débute avec l’événement qui a marqué son succès : le Salon d’Automne de 1922 à Paris, où il a exposé son ours blanc en marbre. À l’époque, il avait déjà 67 ans et avait montré ses créations antérieurement sans obtenir la reconnaissance escomptée. Cependant, cette fois-ci, à sa grande surprise et à celle de tous, il a été couronné de succès.

Né le 9 février 1855 à Saulieu en Bourgogne, François Pompon est le fils d’un menuisier ébéniste. Son père lui a transmis son savoir-faire, mais c’est sa passion pour la pierre qui l’a poussé, à l’âge de 15 ans, à entrer en apprentissage chez un marbrier à Dijon. Le soir, il suit des cours d’architecture, de gravure et de sculpture. À 20 ans, il se rend à Paris et travaille dans une entreprise funéraire tout en poursuivant ses études à la future École des Arts Décoratifs. C’est là que son maître, Pierre Rouillard, sculpteur animalier, lui fait découvrir le « Jardin des Plantes », qui deviendra son atelier de plein air préféré. À 22 ans, il s’installe dans un atelier-logement à Montparnasse et, à 27 ans, il épouse la couturière Berthe Vilain. Pour subvenir à ses besoins, il travaille comme praticien auprès de sculpteurs renommés.
Cependant, chez lui, il réalise des portraits. D’abord ceux de sa famille et de ses amis, mais ses œuvres exposées comme par exemple « Pauvre Cosette », ne lui confèrent toujours pas la célébrité :


Grâce à ses portraits, il est invité à travailler à l’atelier du célèbre sculpteur Rodin, où il reste de 1890 à 1895, période durant laquelle il fait la connaissance de Camille Claudel et de Jules Desbois… Le conseils qu’il a retenus de Rodin sont : « N’imitez jamais personne, regardez la nature » et « Soignez tous vos profils. » .
En 1896, il débute un travail à plein temps chez René de Saint Marceaux, et cette collaboration se poursuit jusqu’à la mort de ce dernier en 1915, au début de la Première Guerre mondiale. Saint Marceaux lui fait découvrir Cuy Saint-Fiacre en Normandie, où il peut observer de près les animaux environnants, capturant leurs mouvements en glaise sur le vif, grâce à un petit atelier portatif.

À partir de 1905, il se consacre entièrement à la sculpture d’animaux. Il capture l’essence de leurs formes pour les simplifier, étudie leurs mouvements, enlève plumes et poils, évite les arêtes vives et travaille le polissage pour jouer avec la lumière.





Il les expose, mais la reconnaissance ne vient que 17 ans plus tard, en 1922, avec son ours blanc en marbre. Pourquoi ? Une des raisons est que ses animaux sont de petite taille, « juste bons à être posés sur une cheminée » , selon les amateurs. Antoine Bourdelle lui conseille de montrer l’ours blanc en taille réelle. Il le fait et le présente au Salon d’Automne de 1922. La reconnaissance arrive enfin !
Désormais célèbre, François Pompon continue à travailler jusqu’à sa mort, le 6 mars 1933, à 78 ans. Il repose auprès de sa femme (décédée en 1921) au cimetière de Saulieu, veillé par un condor qu’il a sculpté lui-même. Ses œuvres sont maintenant exposées dans plusieurs musées autour du monde.

Pour approfondir la connaissance de l’œuvre de François Pompon, Mme Dominique Pouille organise un voyage à Saulieu et Dijon pour les membres de l’AAAHV le 19 juin 2026.
Sources et photos :
Pompon sculpteur Marie Sellier 1994
Pompon 1855-1933 Réunion des musées nationaux 1994






































