Monique Delalle, membre de notre association, nous a donné le plaisir d’admirer ses icônes lors de plusieurs expositions ces dernières années. Dans cet article, elle partage quelques éléments pour comprendre l’art iconographique, en commençant pour nous apprendre qu’on ne dit pas « peindre une icône » , mais plutôt « écrire une icône » .

Pour perfectionner sa maîtrise dans le domaine, Monique se réunit périodiquement avec un groupe d’artistes iconographes. Cet été, la rencontre a eu lieu à l’Abbaye Notre Dame du Bec, située dans l’Eure au Bec Hellouin, « un des plus beaux villages de France » , sous la direction d’Ines Brunin, iconographe consacrée (voir son site Web ICI).

D’après Ines Brunin, le maître du groupe, « l’iconographie est un art sacré, réalisé dans la prière, retransmis par les maîtres depuis des siècles, avec ses codes d’écriture concernant la montée en lumière, les couleurs, les vêtements, les visages…Les motifs choisis sont codifiés, en général les saints de l’église catholique ou orthodoxe byzantine et grecque. La perspective utilisée est inversée, car l’icône doit s’ouvrir vers le monde extérieur ».

Le matériel utilisé pour le support est le bois, soit du tilleul, soit du peuplier, sur lequel on colle un tissu fin avec de la colle de peau de lapin. Ensuite on applique 12 couches (12 apôtres), d’un mélange de colle de peau de lapin et du blanc de Meudon.. Ce mélange sera poncé avec une toile émeri de carrosserie pour fournir un fond parfaitement lisse et homogène.
L’étape suivante consiste à réaliser le dessin. Pour cela, le motif est transféré par calque avec une pointe sèche sur le support.

La pose de l’or est la première phase de l’application des couleurs. Elle peut couvrir l’intégralité du fond du tableau ou seulement les auréoles, c’est la lumière céleste. Les couleurs sont préparées par la technique de tempera, où les pigments d’origine naturelle (minérale ou organique) sont dissous dans l’eau et mélangés avec du jaune d’œuf. Les fonds sont peints en premier, suivis des vêtements, et enfin des visages et des mains. Ces derniers sont d’abord recouverts d’un proplasme, une préparation ocre olive foncé, sur laquelle les couleurs claires sont ajoutées progressivement. Cette étape est appelée « la montée en lumière » .




Puis, les éléments du décor sont peints, comme l’architecture, les animaux et les plantes et, enfin, les inscriptions en grec, latin ou langage vernaculaire, qui décrivent le saint ou le mystère représenté, sont faites. Il est nécessaire d’attendre un à 3 mois pour le vernissage de l’icône afin d’éviter toute moisissure.


Après que l’écriture soit achevée, les icônes sont solennellement consacrées par les autorités religieuses et deviennent non seulement des créations artistiques, mais des objets de vénération et de prière, censés posséder un pouvoir spirituel.
Et voici quelques moments de la genèse des icônes écrites à l’Abbaye Notre Dame du Bec par Monique et les iconographes dirigés par Ines Brunin ce juillet 2026 (cliquez SVP sur la flèche pour faire défiler la vidéo et sur le petit carré en bas à droite de celle-ci pour la voir en plein écran) :
Merci à tous les membres du groupe pour leurs précieuses explications et pour avoir permis de prendre des photos des différentes étapes de leurs travaux.
Technique et symbologie : M. Delalle
Photos et texte : M.A. Daroux
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