Mercredi 30 septembre 14h – 16h30
Atelier de modèle vivant — Étude d’après Ingres
Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780–1867) accordait une place essentielle au dessin et à la ligne. Ses nus féminins se distinguent par des contours souples et sinueux, un modelé délicat et des proportions parfois idéalisées ou stylisées. Dans Le Bain turc (1862), il réunit ces caractéristiques dans une composition circulaire, dense et presque sans profondeur, où les corps s’entrelacent en une arabesque sensuelle.
L’œuvre associe la douceur des carnations, la richesse des étoffes et des bijoux, et une atmosphère intime inspirée de l’Orientalisme du XIXᵉ siècle. Les déformations anatomiques — allongements, courbes accentuées, postures inhabituelles — servent avant tout la musicalité de la ligne et l’équilibre de la composition.
Objectif du cours : À partir de poses du modèle vivant, nous explorerons le dessin du corps dans l’esprit d’Ingres : observer les contours, rechercher la ligne continue, simplifier les formes et construire des compositions où les figures dialoguent entre elles. Des exercices de croquis rapides et d’études plus approfondies permettront d’expérimenter l’allongement des proportions, les arabesques corporelles, le jeu des drapés et l’aplatissement de l’espace. L’objectif n’est pas de copier Ingres, mais de s’inspirer de sa liberté pour créer des dessins personnels, expressifs et harmonieux.
Dimanche 4 octobre 10h-12h
Atelier des croquis au musée des beaux-arts de Nancy
Je vous propose de découvrir ensemble l’artiste Félix Vallotton, et son tableau „Honfleur dans la brume”, 1911
Félix Vallotton (1865-1925), peintre suisse naturalisé français, représente Honfleur depuis un point de vue élevé. La ville semble se déployer en contrebas, comme une carte composée de petites formes géométriques. Les maisons, serrées les unes contre les autres, forment un réseau de toits clairs et de rues sombres. Au premier plan, les arbres et la bande de terrain encadrent la vue ; au loin, le port et l’horizon se dissolvent dans la brume.
La composition joue sur le contraste entre les formes assez lisibles de la ville au premier plan et les contours de plus en plus flous à mesure que le regard s’éloigne.
La palette originale est sourde et nuancée : gris, bruns et verts assourdis, ponctués de quelques toits plus clairs ou rosés. La brume atténue les contrastes et donne au paysage une impression de calme et d’immensité.
L’originalité du tableau tient notamment à cette vue plongeante : la ville n’est pas présentée à hauteur de regard, mais observée d’en haut et presque réduite à un assemblage de formes. Cette organisation géométrique rappelle le goût de Vallotton pour les compositions construites, les contours nets et les silhouettes découpées. Toutefois, ici, la brume adoucit les limites et les contrastes : il ne s’agit pas d’un paysage entièrement plat ou graphique, mais d’un jeu subtil entre géométrie et atmosphère.
Consigne : à partir de l’observation du tableau de Vallotton, dessiner une ville vue d’en haut. Simplifier les maisons, les rues et les arbres en grandes formes géométriques. Organiser différents plans : un premier plan sombre, une ville au centre et un horizon qui s’efface.
Avec le fusain, varier les gris, en estompant certaines zones et en réservant des blancs pour les toits ou la brume.
Chercher à créer une profondeur sans tout détailler : plus les formes s’éloignent, plus elles deviennent pâles et floues. Accentuer quelques contours au premier plan et laisser les lignes s’adoucir vers l’horizon.
À explorer : la perspective plongeante, les formes simplifiées, le contraste entre masses sombres et zones claires, et l’effet de brume obtenu par l’estompe. S’inspirer et imaginer sa propre interprétation du tableau.
Honfleur dans la brume 1911, Musée des Beaux-Arts de Nancy. (collections-mba.nancy.fr)



Texte et images envoyés par Dorota Szymanska
