Chacun sait que le chat a un ennemi héréditaire. Justement Ludwig connaît Bébert et son chien Adolf, un de ces couples bêtes et méchants dans lequel l’un ne vaut pas mieux que l’autre.

Prêtons-lui  la plume.

Gudule

Bébert habite au 6° au milieu de voisins qui le regardent de travers depuis qu’il a adopté un berger allemand nommé Adolf. Ainsi il a voulu montrer non pas qu’il était le plus fort, mais qu’il ne craignait plus les quolibets et les insultes des petits sauvageons du quartier. Avec son molosse, il est enfin quelqu’un ! Adolf est devenu agressif envers la race féline depuis le jour où il a avancé son museau vers un chat sournois qui de sa patte aux griffes acérées lui a transformé la truffe en une chose sanglante. Adolf est en guerre !!!

Comme tous les soirs, en sortant de l’immeuble, Bébert lui ordonne : « cherche » pour l’exciter car il sait que la plupart de ses voisins possèdent un chat. Adolf a déjà repéré dans la pénombre deux silhouettes suspectes et il attend avec impatience que son maître le libère pour sa course quotidienne ; Il va donner une leçon à ces minets. Lorsque le mousqueton le lâche, il s’élance vers ses deux cibles qui sont en train de se faire des câlins et émettent des miaouuuuuu impudiques. Je vais leur faire voir qui je suis, pense-t-il. Le chat de Mme Huant et sa compagne Hulotte voient  en même temps le justicier Adolf surgir sous la tonnelle, bavant de rage et ils détalent ensemble. Les deux chats savent comment échapper aux chiens, ces bâtards qui ne savent pas grimper aux arbres. On peut même dire qu’ils ont un sérieux entrainement vu le nombre important de Médor et Cie qui leur ont permis d’améliorer leurs performances. Ils savent que leur fuite les conduit vers la clôture dans laquelle se trouve un trou bloquant tout poursuivant. Ils se faufilent sous le grillage et un marronnier centenaire leur offre le salut.

Sauvés ! Ils sont au parc Pouillle.

Après avoir repris leur souffle et mis de l’ordre dans leurs idées, ils comprennent  qu’ils ne sont pas si mal que cela sur le marronnier.

Miaouuuuu, miaouuuuuuu !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Adolf, en aboyant sa hargne, jure que la prochaine fois, il fera preuve d’une stratégie plus rigoureuse. Puis, en pensant à son maître, il repart sachant ce qui l’attend.

Écrit par Ludwig

Suite => Épisode 19

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Voici un site où vous pouvez vérifier directement votre périmètre autorisé (à partir du 11 mai 2020) de 100km autour de votre domicile. Il est très sollicité, donc il faut être patient pour avoir les réponses.

Cliquez sur le lien ci-dessous et introduisez votre adresse :

https://carte-sortie-confinement.fr/index2.php

Vous obtiendrez une carte comme celle-ci.

 

Oui, elle est là car Hulotte a une vue perçante, on sait bien, et persane car elle est persane…

De surcroît, sa sensibilité exacerbée a compris le message ému d’un amoureux transi et, au travers ses narines, les effluves d’un impétueux besoin.

Certes, les vers ne sont pas ceux d’un Cyrano mais elle ne prétend pas être Roxane.

Et elle est donc bien là, aux côtés de celui dont elle rêve depuis tant de jours. Enfin ses prières ont été entendues.

En s’approchant, elle frôle un poil un peu humide; Ah! sa maîtresse quelle peste certains jours; elle ne comprend rien au langage des matous. On se demande même si elle comprend…mais bref!

Fregull est encore plus beau la nuit et ce refrain, modestement retravaillé, lui trotte en tête : il a les yeux revolver, il a le regard qui tue…

Cette nuit est si belle! Les étoiles ont doublé leur nombre et leur éclat : Séléné veille bien sûr… Aurore, ce sera pour après…Les arbres se penchent avec attention et délicatesse. Le hibou, un peu voyeur, mais discret malgré tout, retient son hululement. Pas un bruit, seul le chuchotement du vent dans les frondaisons compose une ode aux amoureux.

L’instant est intense, le suspens palpable, mais qui va faire le premier pas?

Fregull prend l’initiative. Il s’oriente vers une tonnelle où les rosiers font écran au reste du monde.

Hulotte le suit, quelques pas derrière. Elle est dans son sillage, elle nage dans le bonheur, elle vogue dans l’éther.

Qui a dit que la vie était dure parfois?

Il grimpe sur un banc l’invitant à une proximité. Elle bondit.

Et alors, commence une roucoulade inattendue:

« H : Je t’attends depuis maintes heures.

Tu es mon héros. Je t’admire.

Ah! ton poil, ton poil, quelle douceur

Ma patte ne peut se retenir.

 

F : Miaouille. Miaouille

Ce que tu me fais là me chatouille

Et me donne le frisson.

Alors, c’est bon?

 

H : C’est tellement bon d’être à tes côtés

Oh mon gentil, mon charmant Fregull!

Combien de fois l’ai je prononcé

Ce prénom que je chante et adule…

 

F : Fregull? Un nouveau?

Moi, j’connais Francis l’costaud.

J’connais l’Turbin.

J’connais même Jean Gabin.

Tu vois, c’est pas d’la frime,

Je rime! »

 

H : Que j’aime entendre ta voix mâle

Que j’aime la brillance de tes yeux

Que j’aime tes paroles gutturales

Dieu, que l’instant est délicieux!

 

F : Ouais c’est vraiment chouette, ma Hulotte.

J’connais ton nom, j’lai entendu :

Ta maîtresse l’a dit. Tu m’bottes

Turlu Turlu Turlututu?? « 

 

Mais mais mais…

Écrit par Bambou

Suite => Épisode 18

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Billets d’humeur et d’humour d’une confinée

La première fois que j’ai vu notre 1er Ministre à la télé, j’ai cru à une tache blanche sur mon écran et j’ai frotté, jusqu’à ce que je m’aperçoive que c’était sa barbe qui était ainsi ! Nikos, animateur entre autre de The Voice est apparu à l’écran avec aussi une barbe noire sur les cotés et blanche devant. Question : serait-ce la mode des barbes noires et blanches ? Ou alors tout comme moi les hommes attendent d’aller chez le coiffeur pour une couleur ? Je vous le dis, la fermeture des coiffeurs c’est la barbe !

Colette Laville-Dereau

 

LA PHILOSOPHIE DE MON CORPS  « Mon cœur te dit je t’aime » dit la chanson que je transforme en « mon corps me dit je t’aime » Et oui chers amis (es), mon corps contrairement à moi est heureux. Pourquoi, me direz-vous ? Je m’ennuie dans ce confinement et me voici montée d’un cran dans les angoisses. Alors j’ai la gorge nouée et la nourriture peine à passer. Meme les chocolats se coincent dans ma glotte, si bien que petit à petit ma balance devient mon amie. Elle est un peu cabossée à force de la maltraitance que je lui infligeais lorsqu’elle s’amusait à m’afficher des kilos supplémentaires. A présent je lui fais des excuses et je l’aime (je ME l’aime comme l’on dit chez moi en Occitanie) et mon corps lorsqu’il se voit dans la glace me dit « je t’aime ». Euréka ! J’ai perdu 3 kgs. Vite arrosons cela avec champagne, gâteau et chocolat. Hein ? Quoi ? Vous n’etes pas d’accord mes amis pour m’accompagner ? Tant pis, je mangerai votre part . . . !

Colette Laville-Dereau

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Le chat de Madame Huant était parti, il est revenu.

Qu’a-t-il fait depuis son départ ? Mystère et boule de gomme. A-t-il emprunté le manteau de Freya pour se changer en oiseau et voler dans un monde non confiné ? Secret de chat ! A-t-il vécu une autre de ses neuf vies ? Secret de chat ! Il ne m’a rien dit, à moi Gudule. Donc vous ne le saurez pas non plus aujourd’hui, na!

Il est là ce soir à Vandoeuvre. Ambiance féerique dans la ville déserte. Un délicat souffle de lilas parcourt les rues, donnant vie à des milliards de petites feuilles délicates pendant que se réveille la minuscule faune de la terre et des airs. La lune ronde et polie comme un sou neuf se distrait en jouant avec les ombres et embrasse d’un regard bienveillant et protecteur ce nouveau monde, retour à l’origine des temps.

Ne nous laissons pas emporter, revenons à notre chat. Justement, il sort de l’ombre, habitué à jouer avec le jour et la nuit pour échapper à la maréchaussée plus ou moins allergique à tout ce qui bouge en ces temps de pandémie. Par hasard, il découvre qu’il se retrouve sous les fenêtres de la famille Granduc et la douce silhouette de Hulotte se dessine en ombre chinoise derrière la fenêtre. Il l’avait presque oubliée, mais quelque chose de doux inonde soudain son coeur; le fleuve coule plus vite dans ses veines , et soudain, son sang ne fait qu’un tour. Il va donner une sérénade et répondre aux beaux poèmes de Hulotte.

Notre chat n’est pas poète, mais il avait cru entendre un jour au parc du Charmois qu’il fallait terminer toutes les phrases par le même son. Et il s’époumone avec sa voix de fausset :

Moi qui ne suis qu’une fripouille, ouille,ouille,ouille,

Qui n’ai à t’offrir que mes bafouilles, ouille,ouille,ouille,

Devant tes yeux divins je m’agenouille, ouille,ouille,ouille

Dans les nids, les oiseaux gazouillent, ouille,ouille, ouille

Une fenêtre s’ouvre, une voix s’élève. Espèce d’andouille, je vais te transformer en grenouille. (Il faut noter que cet habitant excédé a utilisé un autre mot se terminant en ouille, notre exquise éducation nous interdit de transcrire la phrase qui le contient).

Une cataracte digne des chutes du Niagara, enfin presque, se déverse dans la rue.

Ouille, ouille, ouille !!! pauvre chat. Et Hulotte a disparu de la fenêtre.

Oh miracle! Elle est là…à ses côtés…

Écrit et illustré par Gudule

Suite => Épisode 17

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